Crédits : vos droits
La réglementation sur le crédit immobilier sapplique à tous les prêts, quelle
que soit leur forme, portant sur les opérations suivantes :
achat de la propriété ou de la jouissance dun immeuble dhabitation ou à
usage mixte,
travaux de construction, réparation, amélioration ou entretien dun montant
supérieur à 140 000 F.
Ne sont pas concernés : les ventes aux enchères, les locaux à usage commercial en tout
ou partie, les acquisitions liées à une activité professionnelle (marchands de biens,
etc.).
On prend en compte le montant des travaux et non du prêt.
La publicité :
Tous les supports de publicité doivent mentionner les caractéristiques principales du
prêt.
A savoir : lidentité du prêteur, les modalités de financement offertes, le coût
total et le taux effectif global, assurances comprises. La publicité doit également
mentionner le délai de réflexion de dix jours garanti au demandeur avant
lacceptation définitive.
Loffre de prêt :
Létablissement financier doit remettre au demandeur et aux éventuelles cautions
une offre préalable de prêt mentionnant lensemble des caractéristiques.
A savoir et au minimum : lidentité des parties, la nature, lobjet et les
modalités du prêt et de la mise à disposition des fonds, le tableau de remboursement
distinguant capital et intérêts, les exigences en matière dassurance et de
sûretés (hypothèques, etc.), les modalités de transfert à une tierce personne, ainsi
que les frais éventuellement retenus si lacquisition en question ne se réalise
pas.
Outre une amende, le non-respect de ces dispositions peut entraîner la nullité du
contrat ou faire perdre au prêteur le droit aux intérêts.
Létablissement financier doit maintenir les conditions de son offre pendant une
période minimale de trente jours à compter de sa réception par le demandeur.
La conclusion du prêt :
Le demandeur dispose dun délai de réflexion obligatoire. Il ne peut accepter
loffre de prêt avant le dixième jour suivant sa réception.
Aucun versement ne peut avoir lieu avant lacceptation.
Lacceptation anticipée entraîne de plein droit la nullité du contrat, même si le
demandeur renouvelle son acceptation. Toute fraude sur les dates, de la part du prêteur,
peut entraîner aussi la perte du droit à intérêts
Tout avenant au contrat doit faire lobjet dune nouvelle offre préalable dans
les conditions ci-dessus, sauf pour les crédits à taux variable dont les modalités de
variation sont fixées dans le contrat initial.
Les conditions suspensives :
Si lacquisition envisagée nest pas réalisée dans les quatre mois qui
suivent lacceptation du prêt, celui-ci est résilié de plein droit.
Lemprunteur rembourse alors les sommes prêtées assorties des intérêts qui y sont
liés.
Le prêteur peut demander en plus une indemnité au titre des frais détudes. Elle
ne peut dépasser 0,75% du montant du prêt, dans la limite de 1 000 F.
Quand lemprunteur demande plusieurs prêts pour financer son opération, la
non-obtention dun prêt entraîne lannulation des autres.
Cette règle ne sapplique que si le prêt non obtenu représente au moins 10% du
montant total de lopération.
La plupart des prêteurs exigent que soit souscrite une assurance garantissant
lemprunteur contre certains risques (décès, invalidité, voire chômage). Quand
lassureur refuse son agrément en raison du profil du demandeur, celui-ci peut
demander lannulation du prêt dans le délai dun mois.
Lexécution du contrat :
En cas de litige touchant lacquisition, notamment en matière de construction, le
tribunal peut accorder à lemprunteur une suspension des versements en attendant une
solution.
En cas de difficultés financières (licenciement, santé, etc.), lemprunteur de
bonne foi peut demander au juge une suspension provisoire de ses versements.
Le délai de grâce ne peut excéder deux ans.
En cas de défaillance non justifiée de lemprunteur, le prêteur peut exiger le
remboursement du capital encore dû et des intérêts échus (et non à échoir)
Le prêteur peut également exiger une indemnité qui ne peut dépasser 7% des sommes
encore dues (capital et intérêts) ainsi que les éventuels frais de justice.
Lemprunteur peut toujours rembourser par anticipation tout ou partie de son prêt.
Le contrat peut interdire les remboursements anticipés partiels inférieurs à 10% du
montant du prêt.
Le prêteur peut demander une indemnité, qui ne peut dépasser la valeur dun
semestre dintérêt sur le capital remboursé, dans la limite de 3% du capital
encore dû avant le remboursement.
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"Conseils Pratiques"