Le droit de bail
Au montant du loyer sajoute, on le sait, une provision pour charges locatives,
régularisée chaque année. Dans la plupart des cas, le locataire doit également payer
le droit de bail.
Les locations taxables :
Le droit de bail est appliqué à toutes les locations à lexception de certaines,
qui sont exonérées par la loi. Echappent ainsi au droit de bail :
les locations soumises à la TVA,
les locations liées à un contrat de travail (concierges, gardiens, etc.),
les sous-locations consenties à des personnes défavorisées par des organismes agréés
par le Préfet.
les locations dont le loyer annuel est inférieur à 12 000 F.
Quand la location intervient en cours dannée ou quand la durée est inférieure à
une année, ce plafond de 12 000 F est ajusté prorata temporis.
Exemple : un logement est loué six mois pour un loyer global de 7 000 F. Le plafond
ajusté à cette moitié dannée est de 6 000 F. Donc la location est soumise au
droit de bail.
Pour les locations meublées saisonnières, le plafond est pris en compte sans ajustement,
quelle que soit la durée de la location. Quand le loyer annuel est inférieur à 12 000
F, ces locations échappent donc au droit de bail.
Montant et assiette :
Le taux du droit de bail est de 2,5% du montant des loyers. La période dimposition
sétend du 1er octobre au 30 septembre de lannée en cours.
Il sagit des loyers hors charges. Ne sont ainsi pas compris dans le montant taxable
la taxe dhabitation, les réparations locatives, le paiement des diverses
prestations (chauffage, eau chaude, etc.).
Aux loyers sajoutent toutes les charges qui incombent au bailleur et qui sont
imposées au locataire (taxe foncière payée par le locataire, etc.). Les sommes payées
par le bailleur et incombant normalement au locataire sont déduites du montant taxable.
Il sagit des loyers courus même sils nont pas été effectivement
payés par le locataire. En cas dimpayés, le bailleur devra ainsi acquitter le
droit de bail sur des sommes non encaissées (cf. ci-dessous).
Le droit de bail fait partie des charges payées par le locataire. Il nest pas
compris dans la base des revenus fonciers.
Quand le bailleur na pas réclamé le droit de bail au locataire, il peut opérer un
rappel sur les cinq années précédentes.
Déclaration et paiement :
Le droit de bail est ajouté chaque mois au loyer du locataire et le bailleur effectue une
déclaration récapitulative annuelle. Chaque logement fait lobjet dune
déclaration spécifique, y compris les locations exonérées.
La déclaration doit être déposée avec le règlement en fin dannée à une date
précisée chaque année par lAdministration (entre le 1er octobre et le
31décembre). La première déclaration est spontanée.
Attention : si le bailleur neffectue pas de déclaration, le droit de redressement
de lAdministration sétend sur dix ans, puisquil sagit dun
droit denregistrement.
La taxe additionnelle :
Les locaux situés dans des immeubles achevés depuis plus de quinze ans au premier jour
de la période dimposition (1er octobre) font lobjet dune taxe
additionnelle au droit de bail. La taxe nest pas due pour les logements anciens qui
ont fait lobjet de transformations susceptibles de les assimiler à des
constructions nouvelles. Sauf si les travaux dagrandissement, de construction ou de
reconstruction ont été subventionnés par lAgence nationale pour
lamélioration de lhabitat.
Le taux de la taxe est de 2,5% du montant des loyers hors charges définis comme
ci-dessus.
La taxe additionnelle est à la charge exclusive du bailleur, mais elle constitue une
charge déductible de ses revenus fonciers.
Les logements exonérés du droit de bail échappent également à la taxe additionnelle.
La réforme en cours :
Le projet de budget 99 actuellement en cours de discussion au Parlement prévoit de
réformer ce dispositif. Le droit de bail serait remplacé par une contribution du même
montant basée sur les loyers réellement encaissés au cours de lannée civile.
Cette contribution et son paiement serait intégré dans le processus normal de
déclaration et de paiement de limpôt sur le revenu.
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